Club Napoléon

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La visite de Napoléon à Saumur

La Visite, à Saumur, de l’Empereur NAPOLEON 1ER et de l’Impératrice JOSEPHINE son épouse est programmée le vendredi 12 Aout 1808 : le couple Impérial, arrivant d’Angers et à destination de Tours, sont aux portes de Saumur à la Croix Verte à 16h00. Le Maire de la Ville, Mr SAILLAND VACHON, les attendent , entouré de son Conseil Municipal depuis 6h00 du Matin.

On peut lire dans le procès verbal dressé ensuite par la Municipalité de Saumur «  A Quatre heures du matin, une salve d’artillerie commença cette journée. A six heures, le Maire, Les Adjoints et les conseillers municipaux se rendirent à l’entrée de la commune avec la garde nationale, commandée par le Général BONTEMPS,, tambours, musique guerrière avec artistes et amateurs de la ville. La Garde d’honneur à cheval, composée de trente quatre jeunes gens, part au-devant vers cinq heures du matin. Les gardes nationaux devant former la haie à partir du Palais Impérial jusqu’aux limites de la commune. »

Le Maire, les adjoints et les conseillers municipaux attendent sous une tente Leurs Majestés qui devaient arriver vers neuf ou dix heure net qui n’apparurent que vers seize heure. »

Le cortège arrêté, La Maire de Saumur présente à l’Empereur les clefs de la Ville «  qui sont en  argent sur un plateau du même métal. Sa majesté remercie en disant qu’elles étaient en bonnes mains »

Après un bref discours de bienvenue, le Maire invite donc l’Empereur à entrer dans Saumur. «  Je ne puis m’arrêter »  répond durement Napoléon qui, se rendant compte du mauvais effet produit sur l’auditoire, se reprend aussitôt : «  combien la ville contient d’habitants ? »

« Douze mille », réplique le Maire.

«  et Maintenant ajoute avec à propos un conseiller municipal, cinquante mille accourus de toutes les communes environnantes, ayant à leur tête leurs maires, afin de présenter  leurs hommages à votre Majesté. »

« J’entrerai » lance alors Napoléon, un peu agacé par ce nouveau retard mais comprenant bien qu’il ne pouvait plus faire autrement, d’autant que cette visite était prévue au programme.

Le cortège pénètre donc dans Saumur, au grand soulagement du Sous Préfet et du Maire que l’intransigeance de l’Empereur avait quelques mortifiés.

A l’entrée du pont Cessart, suivant les plans de l’historien Jean François BODIN, l’ingénieur Charles Marie NORMAND a érigé deux obélisques «  de forme égyptienne, de 50 pieds de haut, leurs faces du cote de la voie triomphale «  étaient décorées des médaillons qui retraçaient toutes les actions mémorables de Sa Majesté.Sur les boucliers, placés cote pont on lisait ces mots : « A Napoléon le Grand, Nos bras et nos cœurs sont à lui »

Des faubourgs de la ville à la Place de la Bilange, les gardes nationaux font la haie, maintenant une foule qui attend depuis deux heures du matin, mais dont l’enthousiasme n’a pas diminué au fil des heures et les clameurs qui s’élèvent au passage de l’Empereur le conduisent jusqu’à cette place «  où la MAISON BLANCLER avait été choisie pour héberger Leurs Majestés. Les pièces du Premier étage leur avaient  été réservées et meublées par les soins des habitants avec des meubles des plus précieux. »

D’un pas rapide, Napoléon pénètre dans le Palais Impérial et gravit l’escalier de pierre qui le conduit à la pièce centrale du premier étage. Il se dirige alors droit vers le balcon pour répondre aux acclamations de la foule qui le réclame.

Ce grand balcon a été agrémenté d’un baldaquin qui ne mesurait pas moins de neuf mètres de long et sept mètres de haut et dont les ornements sont en bois sculpté et dore à l’or fin. Supporté par 4 colonnes, il est couronné par un globe doré sur lequel on a place un aigle. De grandes draperies de taffetas cramoisi, avec galons et franges d’or, ont été suspendues au dessus de l’architrave. Le chiffre impérial orne la frise de l’entablement.

La confection de ce baldaquin a donné un incident qui a failli empêcher sa réalisation. Le cure de la paroisse Saint Pierre a bien voulu prêter les draperies de son église. Mais celui de Nantilly, royaliste, a refusé catégoriquement. Le Maire a insisté et finalement le curé s’est laissé fléchir, recommandant seulement qu’il soit pris le plus grand soin des draperies en cas de soleil trop puissant ou de pluie abondante.

Napoléon s’attarde quelque peu à ce balcon « comblant les vœux du peuple qui l’accueillit par des acclamations les plus sentimentales aux cris de Vive l’Empereur ! l’Enthousiasme fut à son comble lorsque ,avant de se retirer du balcon, Sa Majesté salua avec son affabilité paternelle habituelle. »

L’Empereur se retire ensuite dans le Grand salon où un trône surmonté d’un dais en forme de dôme richement brodé or et argent a été dressé à son intention. Mais Napoléon ne l’utilise point et c’est debout qu’il reçoit en audience privé le Sous-Préfet. Puis sont introduits dans ce grand salon les maires et les ingénieurs ordinaires de l’arrondissement qui, après les compliments habituels, présentant quelques suppliques que l’Empereur écoute ,avec patience. Il est ainsi demandé l’établissement définitif à Saumur de l’Ecole de Cavalerie, la remise en état du château, le perfectionnement des casernements, l’aménagement des quais, la continuation d’une rue nouvelle vers la Loire, l’achèvement de l’enceinte du coté de Nantilly.

L’Empereur « apporte une grande attention à ces sujet » et en particulier, à l’urbanisme de la ville. On le voit même se faire apporter un plan de la cité qui est déroulé sur le sol et se mettre à genoux pour mieux comprendre les améliorations proposés ».

L’ingénieur des Ponts et Chaussées, Charles Marie NORMAND qui lui présenta le projet du nouveau pont que l’on construit actuellement. Il n’y avait point de table dans l’appartement pour étendre ce plan, Napoléon le déroula, le posa sur le plancher, s’agenouilla dessus à un bout, l’ingénieur étant de l’autre et, dans cette posture, il se fit expliquer toutes les parties du projet.

Enfin se déroule la traditionnelle réception des autorités civiles et militaires, ainsi que les membres du clergé.

Une deuxième fois, Napoléon apparaît au balcon et, tandis que la foule l’acclame, il se fait expliquer par le Maréchal Berthier la manœuvre réalisée par les Vendéens pour s’emparer de la Ville en 1793.

Satisfait de cette explication, Napoléon s’écarte quelque peu et « son auguste Epouse a la bonté d’ajouter à la réjouissance publique en se montrant au même balcon ; reçue avec enthousiasme aux cris  mille fois répétés de Vive l’Impératrice ! elle répond par un salut des plus gracieux. »

Napoléon quitte alors LA MAISON BLANCLER  devenu  Palais Impérial durant cette visite. et, après avoir serré quelques mains, monte dans sa voiture, tandis que le soleil décline déjà. Le cortège gagne la levée de la pour prendre la route qui va le conduire à paris.

Pour les Saumurois, les festivités n’en étaient pas terminées avec le départ de l’Empereur. Un banquet d’une centaine de couverts réunit, dans la soirée, autorités civiles, militaires et religieuses, fonctionnaires et membres de la Garde d’Honneur.

On sait par les archives le cout de ce repas ainsi que le montant total de la dépense engagée par la Ville de Saumur pour les quelques heures de présence de Napoléon.

Cout Total 9164 Francs de l’époque ce qui ferait approximativement 6000 Euros.

Dans l’enthousiasme de cette visite impériale,, la Place de la Bilange est re-baptisé «  PLACE NAPOLÉON » et la nouvelle voie en projet depuis la place  jusqu’au Pont Fouchard «  RUE JOSÉPHINE »

La nouvelle Municipalité, aux vues des  décisions prises lors de cette visite qui ont impacté considérablement le futur de SAUMUR ( ÉCOLE DE CAVALERIE, RESTAURATION DU CHÂTEAU devenue Prison d’Etat, TRIBUNAL DE JUSTICE etc… et les bienfaits pour la République, pourrait être sensible par la demande de l’Association  ART, TRADITIONS, PATRIMOINE SAUMUR de proposer de re-baptiser cette belle place , récemment rénovée : PLACE NAPOLÉON